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Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin - Les MII
 

Traitements des MII

Bien, vous avez lu tout ce qu’il y avait à lire sur ce qui arrive une fois qu’on vous a diagnostiqué une MII. Le temps est maintenant venu de parler des moyens auxquels peuvent recourir les professionnels de la santé pour vous aider à en contrôler les symptômes. Jetons un coup d’œil sur les médicaments susceptibles de vous être prescrits, votre diète, les types de chirurgies possibles si c’est ce dont vous avez besoin et l’importance d’une vie équilibrée. Pour des renseignements détaillés, consultez nos brochures sur chacun de ces sujets ou visitez nos sites Web. Bien sûr, nous vous recommandons de parler à votre médecin, à l’infirmière, à votre pharmacien ou à une diététiste professionnelle pour obtenir une information mieux adaptée à votre situation particulière.

1. Médicaments

Sachez que tous les médicaments, sous ordonnance ou autres peuvent entraîner des effets secondaires.  L’ajustement de vos médicaments pour en maximiser les bienfaits et en limiter les effets indésirables est en fait une question d’équilibre qui dépendra de vous et de votre état de santé. Vous devez travailler de concert avec votre médecin pour trouver la meilleure combinaison possible afin d’accroître au maximum votre santé et votre bien-être.

En général, les médicaments appartiennent à l’une ou l’autre, des deux vastes catégories : les médicaments anti-inflammatoires (susceptibles de réduire les symptômes) et ceux qui visent à atténuer les symptômes sans effet sur l’inflammation du tube digestif.

a) Médicaments pour réduire l’inflammation :
Voici quelques exemples de médicaments qui entrent dans la catégorie des anti-inflammatoires :

  • Sulfasalazine et acide 5-aminosalicylique (5-ASA) : limitent la production de certains produits chimiques qui déclenchent l’inflammation;
  • Stéroïdes : réduisent l’inflammation;
  • Immunomodulateurs : altèrent la réponse du corps à l’inflammation (agissent sur les processus immunitaires);
  • Produits biologiques : visent et bloquent les molécules causant l’inflammation;
  • Antibiotiques : restent sans effet sur l’inflammation, mais diminuent l’infection imputable à l’inflammation grave qui en résulte.

b) Médicaments pour gérer les symptômes :
Notez que la plupart de ces médicaments sont en vente libre à votre pharmacie. Vous NE devez PAS vous automédiquer. Parlez d’abord à votre médecin.

  • Antidiarrhéiques : ne jamais prendre ces médicaments pendant une poussée active parce qu’ils pourraient aggraver votre état! Vérifiez auprès de votre médecin.
  • Antispasmodiques : pour relaxer la paroi intestinale réduisant du coup les crampes.
  • Agent volumique : pour augmenter la quantité d’eau dans les selles, les rendre plus dures afin qu’elles soient moins liquides et moins fréquentes.
  • Agent agglomérant des sels biliaires (hypolipidémiant) : pour capturer les sels biliaires dans les cas d’irritation de l’intestin.
  • Émollients fécaux : pour ramollir les selles et faciliter le transit intestinal si vous souffrez d’hémorroïdes ou de fissures anales; discutez-en avec votre médecin avant de les essayer!
  • Analgésiques : pour réduire la douleur.
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens : pour contrôler les douleurs articulaires (notez toutefois que ces médicaments peuvent aggraver les douleurs abdominales et la diarrhée).
  • Anti-acide : pour atténuer les brûlures d’estomac.
  • Vitamines et minéraux : peuvent être requis à titre de suppléments.

Pour plus de détails, lisez notre brochure intitulée « Santé sur ordonnance ».

2. Diète et nutrition

Nous devons tous surveiller notre alimentation pour vivre en bonne santé, avoir de l’énergie et guérir. Les personnes aux prises avec une MII doivent particulièrement bien manger pour éviter des problèmes comme la malnutrition et la déshydratation. Lisez notre dépliant intitulédes problèmes comme la malnutrition et la déshydratation.

Lisez notre dépliant intitulé « Pour une alimentation réfléchie » pour obtenir une information détaillée et des conseils ainsi que le guide alimentaire canadien pour en savoir plus sur une alimentation équilibrée. Consultez une diététiste professionnelle qui vous aidera à adopter des habitudes alimentaires qui vous conviennent.

Pour le moment, sachez que votre diète ne cause pas de poussée, mais qu’elle peut exacerber vos symptômes lorsque vous ingérer des aliments « déclencheurs ». On appelle déclencheurs, tous ces aliments qui aggravent vos symptômes et auxquels vous réagissez. L’identification des aliments qui sont pour VOUS des déclencheurs compte pour une part importante de votre stratégie quotidienne pour bien vivre malgré une MII.

À l’inverse, vous devez aussi identifier « vos » aliments sains. Dans cette catégorie, entrent tous les aliments qui ne semblent pas irriter votre tube digestif. Le riz blanc, le pain blanc, les bananes, la purée de pommes et les rôties semblent compter parmi les exemples d’aliments « sains » à consommer pour la plupart des gens.

Parfois, les personnes souffrant d’une MII sont contraintes à une alimentation spéciale :

  • Nutrition entérale (NE) – une sonde gastrique est insérée dans le nez, passe par l’oesophage pour se rendre à l’estomac. Un supplément nutritif liquide est administré par ce tube, normalement pendant la nuit. La NE est utilisée en supplément de l’alimentation normale pour s’assurer que le patient soit nourri correctement chaque jour.
  • Nutrition parentérale totale (NPT) – les nutriments passent par voie intraveineuse. Cette procédure de dérivation permet à l’appareil digestif de se rétablir complètement.

3. Intervention chirurgical

Près de 70 % des patients qui souffrent de la maladie de Crohn et 40 % de ceux qui sont atteints de colite ulcéreuse devront subir une chirurgie à un moment ou à un autre de leur vie.  La chirurgie ne doit pas être considérée comme le dernier recours dans le traitement d’une MII, ni comme l’échec de votre thérapie. En réalité, la chirurgie constitue une autre forme de traitement dans la gestion d’une MC et d’une CU. Jetez un coup d’œil à notre brochure « Les interventions chirurgicales et les maladies inflammatoires de l’intestin » pour en savoir plus.

Chirurgie pour la colite ulcéreuse
La résection complète du côlon et du rectum « guérit » de manière définitive la colite ulcéreuse. Étant donné qu’on a procédé à l’ablation du rectum et du passage des selles, votre chirurgien aura peut-être eu recours à une iléostomie (iléon abouché à la paroi abdominale) avec une poche externe (appelée accessoire pour stomie) attachée à la peau de l’abdomen pour permettre l’élimination des selles.

Dans certains cas, les chirurgiens peuvent convertir une iléostomie en anastomose iléo-anale (IPAA). Pour les patients admissibles, cette chirurgie offre un degré élevé de réussite parce que cette technique comprend la création d’un réservoir avec la fin du grêle venant s’anastomoser au résidu rectal près de l’anus plutôt que dans une poche pour stomie.

Chirurgie pour la maladie de Crohn
Comme la maladie de Crohn peut affecter n’importe quelle région du tractus intestinal (tube digestif), les interventions chirurgicales varient d’autant en genres et en… nombres. En cas d’abcès, de fistules ou d’occlusion, une résection (ablation d’une partie ou de tout l’intestin) peut être indiquée pour améliorer la symptomatologie. Dans certains cas, on peut procéder à une stricturoplastie colique pour élargir un segment de l’intestin qui a rétréci. À l’instar de la CU, il est aussi possible de procéder à une colectomie et à une iléostomie.

On effectue rarement une IPAA sur les patients souffrant de la MC parce que contrairement à la CU, la maladie de Crohn peut récidiver en dépit de l’opération. Une deuxième intervention sera alors nécessaire voire possiblement l’ablation complète de la poche interne.

Outre ces interventions, les patients souffrant de MC peuvent devoir subir d’autres chirurgies à cause des complications liées à leur MII. Il existe également des procédures pour opérer les fistules afin de réduire la douleur et la purulence.

Chirurgie par laparoscopie
Il arrive qu’on ait recours à la chirurgie par laparoscopie, une intervention qui consiste à pratiquer de petites incisions dans l’abdomen à l’aide d’instruments spéciaux et d’une caméra. Les défenseurs de cette chirurgie spécialisée estiment que l’intervention est moins invasive pour le patient et qu’elle accélère le processus de guérison en plus de réduire la douleur post-opératoire. Cependant, certains patients atteints d’une MII ne sont pas de bons candidats pour ce type d’intervention à cause de la quantité de tissus cicatriciels (adhérences) à l’intérieur de leur abdomen ou parce que la maladie est tellement étendue qu’il faut pouvoir compter sur un champ de vision plus grand que ce que peut dévoiler le laparoscope.

4. Pour une vie équilibrée

À la fin de la journée, vous affrontez seul la maladie. À ce titre, vous êtes responsable de votre corps et de votre attitude face à la vie. Le choix de mener une vie équilibrée est de la suprême importance pour survivre et réussir malgré la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse.

a) Exercice
Il se peut que la MII vous vide de votre énergie et que la tentation d’abandonner l’exercice physique soit grande. Plutôt que de viser des activités qui requièrent beaucoup d’énergie et qui sont exigeantes, tournez-vous vers des activités plus douces comme marcher, nager, jouer avec votre chien, faire du yoga ou du tai-chi. L’idée en fait est de bouger! Lorsque vous êtes en période de rémission, vous pourrez reprendre vos anciennes activités en vous assurant bien sûr d’être raisonnable, d’être à l’écoute de votre corps et d’y aller en douceur.

b) Plaisir, humour et gratitude
Le voyage que vous avez entrepris n’est pas que physiquement exigeant, c’est aussi un défi psychologique. Comme pour toutes les grandes expéditions dans la vie, les gagnants se distinguent par leur attitude et non seulement par leurs aptitudes. Un sens de l’humour et un zeste de plaisir alimenteront une attitude positive.

Saisissez donc toutes les occasions de rire et de profiter de ce que la vie a de bon. Peut-être avez-vous l’impression qu’en ce moment vous avez peu de raison de vous réjouir, mais accordez-vous un temps de réflexion pour prendre la mesure des bons côtés de la vie et vous serez agréablement surpris de découvrir autant de motifs d’être heureux.

c) Surcharge émotive
Il arrive parfois que l’impact psychologique des MII soit trop lourd. Aux symptômes physiques s’ajoute un sentiment d’incertitude, de la gêne, une aversion à l’idée d’être dépendant des autres, de la culpabilité et un manque de confiance en soi qui peuvent vous peser. Prenez conscience de vos sentiments et de l’impact de vos émotions sur la qualité de votre vie. Si la dépression semble avoir élu domicile, allez chercher de l’aide auprès de votre médecin qui vous prescrira des médicaments pour passer à travers. N’hésitez pas à demander le soutien de votre famille et de vos amis – laissez-les être là pour vous comme le seriez pour eux.

Rappelez-vous – VOUS n’êtes pas la maladie. La MII fait partie de votre vie, mais le diagnostic ne vous définit pas. Vous êtes plus que ça.

d) Stress
Le stress n’est pas à l’origine des MII, mais pour certains, il peut aggraver les symptômes. Cependant, ce n’est pas le cas pour tous alors une fois de plus nous devons vous rappeler que tout dépend de vous. Si vous vous rendez compte que le stress se répercute sur votre état de santé, certains des conseils précédents vous aideront à faire face. En outre, essayez la méditation, la relaxation, évitez la caféine et vivez votre vie en vous inspirant de la prière de la sérénité : « Mon Dieu, donne-moi la Sérénité d'accepter les choses que je puis changer. Le Courage de changer les choses que je peux et la Sagesse d'en connaître la différence.»


e) Éducation continue
La meilleure chose que vous puissez faire c’est de trouver un réseau de personnes atteintes d’une MII, et ensemble vous lancer dans une quête d’information. Apprenez tout ce qu’il y a à connaître sur les maladies inflammatoires de l’intestin, et essayez de ramasser des conseils sur les stratégies de prise en charge.

Une bonne façon de le faire consisterait à vous joindre à la section de la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin (FCMII) de votre localité où des gens qui partagent votre réalité, se retrouvent pour apprendre, s’amuser et s’entraider.
 



 
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