Votre enfant et les MII
En tant que parent d’un enfant atteint d’une MII, la vie peut ressembler à un tour de montagnes russes émotionnel. Difficile d’expliquer à un être aussi jeune pourquoi il est malade. Pas facile non plus pour vous, comme parent, de voir votre enfant souffrir et faire face aux complications qui accompagnent une MII. Il importe que vous compreniez bien de quoi il retourne pour l’aider. Comme les symptômes d’une MII varient d’un patient à l’autre, le diagnostic peut être difficile à établir. À l’encontre de nombreuses autres maladies chroniques, les MII sont « invisibles ». En fait, en raison des effets secondaires de certains médicaments, votre enfant peut à la rigueur donner l’impression d’être robuste et en santé. D’une certaine façon, comme ses problèmes de santé ne sont pas aussi apparents disons que ceux d’un enfant ayant un bras dans le plâtre ou en écharpe, les choses sont plus difficiles pour lui. Soyez à l’affût des symptômes suivants :
À l’heure actuelle, il n’existe aucun « traitement curatif » pour les MII. Cependant, de nombreuses stratégies permettent de combattre les symptômes et l’inflammation comme le recours à des options médicales, nutritionnelles et chirurgicales. Les médicamentsEn général, les médicaments utilisés pour atténuer les symptômes et l’inflammation chez les enfants atteints de maladie de Crohn (MC) ou de colite ulcéreuse (CU) appartiennent à l’une des deux catégories de médicaments : les anti-inflammatoires (susceptibles de réduire certains symptômes) et ceux qui visent à atténuer les symptômes. Il existe cinq types de médicaments anti-inflammatoires : la sulfasalazine et la 5-AAS, les stéroïdes, les immunomodulateurs, les produits biologiques et les antibiotiques. Tous agissent sur l’inflammation de diverses manières. Les médicaments qui atténuent les symptômes sont « en vente libre » à votre pharmacie. Toutefois, vous ne devez en aucun cas les administrer à votre enfant sans d’abord en parler à son médecin. C’est le cas par exemple des : anti-diarrhéiques, onguents, suppositoires, antispasmodiques, agents volumiques, agents agglomérants des sels biliaires, émollients fécaux, analgésiques, antiacides, anti-inflammatoires non stéroïdiens, vitamines et minéraux. Pour en connaître davantage à propos des différents médicaments utilisés pour traiter les MII, consultez notre brochure « Santé sur ordonnance ». Diète et nutrition
Alimentation entéraleLa nutrition entérale compte parmi les stratégies préconisées par certains médecins comme thérapie primaire pour traiter la maladie de Crohn ou comme traitement secondaire dans les cas de malnutrition et de retard de croissance. Dans ce type d’alimentation, on introduit un tube par le nez (sonde nasogastrique) de votre enfant jusqu’à son estomac et on administre un supplément alimentaire. Si les aliments sont administrés pendant la nuit, votre enfant peut enlever la sonde le matin ou la glisser derrière une oreille. Ce traitement peut être administré pendant un à trois mois dans la mesure où les besoins nutritionnels de votre enfant sont satisfaits, ou pour une période plus longue dans le cas de malnutrition (pendant la nuit). Plusieurs enfants vont préférer une sonde insérée directement dans l’estomac (gastrostomie) à une sonde nasogastrique pour une alimentation nocturne. Pour certains enfants très malades qui ne peuvent s’alimenter normalement ou par sonde nasogastrique, il peut être nécessaire de recourir à la nutrition parentérale totale (NPT). Dans ce cas, les aliments liquides sont administrés par un point de ponction (plutôt que par une sonde nasogastrique). Interventions chirurgicalesChirurgie pour la colite ulcéreuseLa résection complète du côlon et du rectum (colectomie) « guérit » votre enfant de manière définitive de sa colite ulcéreuse. Étant donné qu’on a procédé à l’ablation du rectum et du passage des selles, le chirurgien aura peut-être eu recours à une iléostomie (iléon abouché à la paroi abdominale) avec une poche externe (appelée accessoire pour stomie) attachée à la peau de l’abdomen pour permettre l’élimination des selles. Dans certains cas, les chirurgiens peuvent convertir une iléostomie en anastomose iléo-anale (IPAA). Pour les patients admissibles, cette chirurgie offre un degré élevé de réussite parce que cette technique comprend la création d’un réservoir avec la fin du grêle venant s’anastomoser au résidu rectal près de l’anus plutôt que dans une poche pour stomie. Chirurgie pour la maladie de CrohnComme la maladie de Crohn peut affecter n’importe quelle région du tractus intestinal, les interventions chirurgicales sont très variées. Si votre enfant souffre d’abcès, de fistules ou d’occlusion, une résection (ablation d’une partie ou de la totalité de l’intestin) peut être indiquée pour améliorer la symptomatologie. Dans certains cas, on peut procéder à une stricturoplastie colique pour élargir un segment de l’intestin qui a rétréci. À l’instar de la CU, il est aussi possible de procéder à une colectomie et à une iléostomie. On effectue rarement une IPAA sur les patients souffrant de la MC parce que contrairement à la CU, la maladie peut récidiver en dépit de l’opération. Une deuxième intervention serait alors nécessaire voire possiblement l’ablation complète de la poche interne. Outre ces interventions, les patients souffrant de MC peuvent devoir subir d’autres chirurgies à cause des complications liées à leur MII. Il existe également des procédures pour opérer les fistules afin de réduire la douleur et la purulence. Chirurgie par laparoscopieIl arrive qu’on ait recours à la micromanipulation chirurgicale ou chirurgie par laparoscopie, qui consiste à pratiquer de petites incisions dans l’abdomen à l’aide d’instruments spéciaux et d’une caméra. Comme les cicatrices sont plus petites, les jeunes préfèrent ce type d’intervention à la « chirurgie ouverte » d’autant plus que le processus de guérison est plus rapide et la douleur postopératoire moindre. Malheureusement, certains patients atteints d’une MII ne sont pas de bons candidats pour ce type d’intervention à cause de la quantité de tissus cicatriciels (adhérences) à l’intérieur de l’abdomen ou parce que la maladie est tellement étendue qu’il faut pouvoir compter sur un champ de vision plus grand que ce que peut dévoiler le laparoscope. Les montagnes russes émotionnellesIl est difficile pour n’importe quel enfant de vivre avec une maladie imprévisible. Cependant, avec votre soutien et une gestion appropriée de sa maladie, votre enfant pourra profiter de la vie comme tous les autres. Cette notion est importante pour les enfants qui redoutent l’exclusion ou la différence. Nous vous encourageons à voir à ce que votre enfant ait des passe-temps et qu’il pratique des sports. Lorsque la MII est en phase active, encouragez-le à participer à des activités plus paisibles, à se tenir occupé. C’est essentiel pour son bien-être. Étant donné que les amis occupent une place importante dans la vie d’un enfant, il peut se demander comment aborder la question de sa maladie avec eux ou s’il devrait même leur en parler. Il faut reconnaître qu’il est difficile d’expliquer les MII et la crainte de la méchanceté et de la cruauté des autres enfants après s’être ouvert peut le faire se sentir vulnérable. Voici un domaine où, comme parent, vous devez respecter et appuyer sa décision. S’il décide de parler de son diagnostic à ses amis, de grâce aidez-le à expliquer en quoi consiste les MII. S’il préfère ne pas leur en parler, respectez sa décision autant que possible. Conseils supplémentaires pour aider votre enfant à faire face :
|

